Poésies intemporelles

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Nuit de cendres

L'été cède la place
A l'hiver
La petite route verglace
Bordée de sapins verts

Elle doit rentrer ce soir
Dans la nuit froide et bleue
Ses parents se préparent
Les bougies tremblent un peu

Pour son anniversaire
Ils avaient tout prévu
Un cadeau, les desserts
Mais l'horloge s'est perdue

La maman trop inquiète
Veut croire à cette fête
Soudain le téléphone
Sur le chevet résonne

Une voix étrangère
Fait asseoir la veille dame
On lui parle de glissière
Et de voitures en flammes

Roger Tibbart ©

Mission humanitaire

Une infirmière qui pleure
Au bord de la route
Amoureuse du Docteur
Urgentiste à Beyrouth

Une étoile ridicule
Décore la capsule
De le fraîche binouse
Qu'elle sert contre sa blouse

Dorothée doit partir
Pour un poste à Moscou
Son cœur la fait souffrir
Va-t-elle tenir le coup ?!...

Un avion à hélice
Prolonge le supplice
Encore quelques secondes
Et voilà la belle blonde

Assise côté hublot
Une main contre la vitre
Dans le ciel si chaud
Les nuages prennent la fuite

Roger Tibbart ©

85 E

Allo Nabilla
J’ai perdu ton zéro six
Depuis que t’es plus là
Ma vie sent le Pastis ©

Tout l’appart
Est un désordre
Des patates
Viennent me mordre

L’herbe que je fume
Coûte de la tune
Mes yeux rouge carmin
Font peur aux voisins

Ton petit toutou
Pisse un peu partout
La moquette est jaune
ça me met en rogne

J’ai gardé ton shampoing
Tu sais, celui au jasmin
"Aller, Nabilla, Reviens ! "…
Ici, ça va pas bien…

Roger Tibbart ©

Tata Walkyrie

On goûte tranquillement
Sur ta terrasse feng shui
La table décidément
Tremble un peu, mais tant pis

Le gâteau au yaourt
A une saveur sucrée
Pour le prix que ça coûte
Tu t'es pas trop foulée

Une parole de travers
Voilà que tu t'enflammes
Mon langage parfois vert
Fait l'effet du napalm

Excuse-moi de dire merde
Ou putain, ou fait chier
Grosse pouffiasse je t'emmerde
Pour m'avoir grondé

On se quitte, on se bisoute
Comme si de rien n'était
Ah au fait, va t'faire foutre !
Quelque chose te déplaît ?!...

Roger Tibbart (c)

Valises de sommeil

Bourgeoise un peu stylée
Tu te sers du stylet
Pour envoyer sans cesse
Des tonnes de SMS

A ta meilleure copine
Rosalie, la rouquine
Réputée pour ses frasques,
Une adepte de la flasque

Dès le vendredi soir
Vous sortez dans les clubs
En caressant l'espoir
De trouver des grosses teubs

Un black et ses cousins
Vous draguent sur les coussins
D'une banquette trop dure
Pour vos fesses matures

La nuit va être longue
Il faut satisfaire tout le monde
Petits matins poisseux
Pour des corps paresseux

Roger Tibbart (c)